Faleh Ibn Nafi' al Haddadi - Partie 7

Publié le par Kamaal As-Salafii Al-Maghribii

Deux fautes de Fâlih


Voici l’exposé de deux fautes de Fâlih Al Harbi, le chef de la nouvelle Haddadia. Ces deux fautes sont les suivantes :

1 Dire qu’il n’est pas nécessaire de donner de raisons lorsque l’on critique un innovateur.

2 L’imposition du Taqlid(l’imitation aveugle) à l’ensemble de la Communauté.

Commençons par la première.

La position de Fâlih :

Il n’est pas nécessaire de citer les raisons de la critique (Al Jarh) de l’innovateur mais cela l’est lorsque la critique
concerne les rapporteurs du hadith du Prophète .


La réponse de cheikh Rabi’:

« Cette parole de Fâlih est une réponse à une question qui lui fut posée concernant des personnes connues pour être aux yeux des gens et de certains savants des salafis. Les exclure de la voie salafie est un jugement lourd et nécessitant des preuves. En n’apportant pas ces preuves, les gens penseront qu’il les a injustement dénigré dans ce qui touche leurs religion. Il serait alors pour eux un objet de suspicion et il aurait dans ce cas besoin de se blanchir dans ce qui touche à sa religion et son honneur. Si il ne le fait pas, les gens le dénigreront, et ni lui ni d’autres ne seront satisfaits de cela. A ce moment, arrivera le trouble, les salafis seront divisés et les dénigrements réciproques se multiplieront. On ne mettra un terme à tout cela qu’en citant les raisons convaincantes de ce jugement.
Lorsque s’oppose une critique vague, non détaillée, à un Ta’dil (attestation d’honorabilité) ce qui prévaut est qu’il faut détailler, expliquer cette critique vague ; et la notoriété d’une personne dans la religion, la Sounna, et l’appel à la Voie Salafie est plus forte qu’un ta’dil venant d’un savant ou deux.
Critiquer les contrevenants, leurs manhaj et leurs comportements fait parti des plus importants problèmes traités dans le domaine du Jarh. En effet, il existe une attache, un lien entre les personnes et les chemins qu’ils prennent ; celui donc qui dénigre la voie d’une personne dénigre la personne elle-même. Pour cette raison, nous voyons les Salafs expliquer par les preuves l’égarement de Ahl Al Bida’ et la corruption de leurs manhaj, et ils ont sur ce sujet d’innombrables livres.

L’avis qui prévaut aux yeux de Ibn Salâh :
Le Ta’dil est accepté sans que soit citée sa cause, et le Jarh n’est accepté que s’il est expliqué par une raison claire ; ceci parce que les gens divergent sur ce qui valide une critique et ce qui ne la valide pas.
Le savant Al Khatib a rapporté que ceci est l’avis des imams de la science du Hadith et de ses vérificateurs comme Al Boukhâri et Mouslim et d’autres. »


Ensuite cheikh Rabi’ donne des exemples de savants du Hadith dont la critique à l’égard de certaines personnes fut rejetée par d’autres savants car jugée inacceptable : ou bien pour absence de preuves, ou bien pour la faiblesse des preuves apportées, ou pour d’autres raisons. Voici un exemple donné par cheikh Rabi’ :
Ibn Salâh rapporte qu’on demanda à Shou’ba pourquoi avait-il délaissé le hadith d’une certaine personne. Shou’ba répondit : « je l’ai vu galoper sur un cheval de somme. » (Cette critique n’est pas valable car la raison donnée par Shou’ba n’est pas valable)

Cheikh Rabi’ reprend :
« Il n’y a aucune différence dans ce domaine entre critiquer une personne dans son honorabilité en le caractérisant de pervers, d’innovateur ou d’autres choses, et entre la critiquer dans ce qui touche à la force de sa mémoire et de sa précision, comme par exemple quand il était dit de telle personne « celui-la avait une mauvaise mémoire », ou « celui-la faisait beaucoup d’erreurs » etc…
Cette position de Fâlih n’est à ma connaissance la position d’aucun imam de la science du Jarh et du Ta’dil.
De plus, je crains qu’elle n’occasionne de gros dégâts. En effet, imaginez qu’une personne qualifie d’innovateur n’importe quel savant connu pour être salafi, et qu’il lui soit demandé de donner les raisons de sa critique, qu’il réponde alors qu’il n’est pas nécessaire de donner de raisons lorsqu’on juge quelqu’un comme étant un innovateur, et qu’ensuite il persiste dans sa critique, pensez- vous que les gens accepteront cela de sa part ? Et pensez- vous qu’un salafi acceptera cette critique ? »


Il fut dit à Fâlih: « Il est possible qu’ils disent qu’un cheikh peut avancer une critique qui soit considérée invalide aux yeux d’autres personnes »

Fâlih répondit : « C’est une règle injuste qui a égaré la communauté, une règle qu’ils ont inventé ».

Réponse de cheikh Rabi’ :
«Cette règle est la règle des imams de la Sounna et du Hadith et elle n’est pas injuste. Bien au contraire, elle est la justice même, règle avec laquelle l’Islam est venu.
En effet, le savant peut se tromper dans son jarh ou dans son ta’dil et son frère peut alors le corriger.
Il est vrai que quand la personne qui critique fait partie des savants sûrs, experts dans les causes du Jarh et du Ta’dil, et que l’opposant est un ignorant ou quelqu’un qui suit ses passions, dans ce cas nous ne prenons pas du tout en considération cette opposition.


Il fut dit à Fâlih:
« le jarh non détaillé est donc suffisant ».

Fâlih répondit :
« de la part du savant il n’y a pas de « jarh ». Nous n’appelons pas cela « jarh ». Cela n'en fait pas partie. Un homme peut être un savant, un imam lorsqu’il parle de Ahl Al Bida’ et du Manhaj, de la Croyance…et avec cela, il se peut que sa narration ne soit pas acceptée car il ne réunit pas les règles de la narration. Il y a une différence entre une science qui est un moyen, une technique permettant de sauvegarder la religion et entre le fait de parler sur Ahl Al Bida’ et sur les sectes ».

Réponse de cheikh Rabi’ :
« Comment peut-on dire : « il n’y a pas de critique…etc etc... »?
Existe-t-il une critique plus forte que le tabdi’ (qualifier d’innovateur une personne)?
Les livres de Jarh et de Ta’dil ainsi que les livres qui traitent exclusivement du Jarh sont remplis de critiques de Ahl Al Bida’ et de leurs innovations (Cheikh cite ici une dizaine d’exemples). Plutôt, la science du Jarh, qui englobe Ahl Al Bida’ et d’autres catégories de gens, est une science à part entière comme l’a dit Al Hakim Abou ‘Abdillahi.


Falah dit :
« Il y a une différence entre une science qui est un moyen, une technique permettant de sauvegarder la religion et entre le fait de parler sur Ahl Al Bida’ et sur les sectes ».

Réponse de cheikh Rabi’ :
« Certes les sciences du Hadith, et parmi elles le Jarh et le Ta’dil, font partie des plus grands moyens de préservation et de protection de la religion. Ceci car y sont exposés les hommes droits et dignes de confiance, ceux à qui Allâh a donné la capacité de recueillir la religion, de la sauvegarder et de la transmettre ; de même que l’on y trouve protection contre les machinations des hypocrites, des athées et des innovateurs extrémistes, etc…
Les livres de la Sounna, ceux qui traitent de la Croyance, reposent sur la méthodologie des imams du Jarh et du Ta’dil. Celui qui n’utilise pas cette méthodologie quand il critique Ahl Al Ahwa (Ceux qui suivent leurs passions), les sectes et les avis n’échappe pas à la conjecture et à la passion. Celui qui parle des sectes en n’utilisant pas la méthodologie de Ahl Al Hadith (ceux qui s’accrochent aux hadiths du Messager d’Allâh ) dans le Jarh et le Ta’dil parlera forcément par supposition et sous l’emprise de la passion, car il n’a pas de méthodologie lui permettant d’apporter les preuves aux accusations qu’il porte sur telle et telle secte ou lui permettant de les innocenter.
De même que ne parle pas avec vérité, justice et équité celui qui n’utilise pas la méthodologie de Ahl Al Hadith dans la Jarh et le Ta’dil, méthodologie par laquelle on distingue les hadiths authentiques du Messager d’Allâh des hadiths non authentiques, et par laquelle on distingue le vrai du faux dans ce qui est attribué aux sectes.
Celui donc qui parle de Ahl al Bida’, du manhaj et de la croyance et dont la narration n’est pas acceptée n’est pas un imam savant ; il n’ a pas d’autre alternative que l’imitation aveugle ; il dira alors « untel a dit » et « untel a dit », sans science, comme celui qui suit aveuglément une école dans la Jurisprudence et qui prend parti pour elle, de laquelle il rapporte des jugements dont certains sont acceptés et d’autres non, et avec cela il ne distingue pas ce qui est accepté de ce qui ne l’est pas.
Donc, ni celui- ci qui suit aveuglément dans la Jurisprudence, ni celui- la qui suit aveuglément dans la Croyance, ne conviennent pour le Jarh et le Ta’dil, le Tabdi’’ et le Tadlil (Qualifier une personne d’égarée). Le plus sain pour lui est qu’il suive aveuglément Ahl al Hadith car leurs croyance est basée sur la distinction de l’authentique du non authentique, distinction puisée de la méthodologie du Jarh et du Ta’dil.


Fâlih dit : « Ceux la ont dupé les gens car ils sont ignorants, et avec cela ils leur enseignent des règles dont ils prétendent qu’elles viennent de Ahl As Sounna dans le jugement des hommes. Les hommes appartenant au domaine de la narration du hadith diffèrent de ceux appartenant au domaine de la fatwa.
Ils ont égaré le monde avec cette règle.
Ils viennent avec une règle de la science de la narration et ensuite ils l’appliquent dans la critique de Ahl Al Bida’ par Ahl As Sounna ».


Réponse de cheikh rabi’ :
Effectivement, Ahl Al Ahwa utilisent des règles fausses. Cependant, la règle stipulant qu’il est nécessaire d’expliquer les raisons de la critique quand s’oppose la critique et l’attestation d’honorabilité est une règle valide ; elle fait partie des règles de Ahl As Sounna, sans aucun doute. Il est obligatoire de l’appliquer quand on qualifie d’innovateur un musulman connu pour être un salafi, ou quand on le qualifie de pervers, de mécréant, d’espion et de collaborateur.
Que dirais Fâlih si un savant ou un prétendu savant disait de lui qu’il est un innovateur ou un pervers etc… ? Accepterait- il cela de lui sans lui demander aucune preuve de ce qu’il a avancé ?

En conclusion: émettre des jugements sur des personnes qui s’apparentent à la voie salafi sans donner aucune preuve a certes causé des dommages énormes et une grande division dans tous les pays. Il est donc obligatoire d’éteindre ces troubles en faisant apparaître les preuves qui expliquent aux gens et qui les convainquent du bien fondé de ces jugements ; dans le cas contraire, il faudra s’en excuser.
Les savants parmi les Salafs ont fourni les preuves de l’égarement des sectes. Ils ne se sont pas suffi d’émettre des jugements sur les sectes et les individus sans preuves suffisantes et convaincantes. Bien au contraire, ils ont écrit de nombreux livres qui expliquent la vérité sur laquelle se trouve Ahl As Sounna Wal Jama’a et qui expliquent l’égarement dans lequel se trouvent ces sectes et ces individus.
Si les critiques et les arguments de ces savants étaient faibles, s’ils s’étaient suffi d’émettre des jugements sans preuves, si ensuite on leur demandait d’apporter les preuves de leurs critiques, et s’ils répondaient alors que cela n’est pas une obligation et c’est une règle pervertie qui égare la communauté, s’ils avaient fait cela, auraient-ils alors secouru la Sounna et refoulé l’égarement, l’athéisme et les innovations ? La réponse est non, mille fois non. Celui qui critique ceux qui sont connus pour être des salafis a besoin de preuves plus fortes et plus claires ».


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Voici la position de cheikh Al Fawzân sur le sujet :

Question : « il y a une personne qui dit que le savant ou l’étudiant n’est pas obligé de citer les preuves lorsqu’il qualifie d’innovateur une personne de Ahl As Sounna et qu’il faut que le musulman ordinaire le suive aveuglément dans son jugement. Est-ce que cette parole est juste ? »

Réponse :
« Nulle parole n’est acceptée sans preuves. Surtout quant cela concerne des sujets dangereux: le tabdi’ de quelqu’un de Ahl As Sounna. Comment une personne de Ahl As Sounna peut être est qualifiée d’innovatrice ?! Elle ne fait partie de Ahl As Sounna qu’en étant exempte d’innovations. Ceci n’est pas du tout permis. C’est une parole fausse. Celui qui qualifie quelqu’un d’innovateur doit obligatoirement citer les preuves qui prouvent son innovation de telle manière que l’on puisse voir si il est un innovateur ou non. »

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D’autres gens de science appuient la position de cheikh Rabi' :

Cheikh An Najmi

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Cheikh Zayd Al Madkhali :


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Cheikh Wassioullâh Mouhamad ‘Abâss, Cheikh Mouhamad Ibn ‘Omar Bâzmoul et Cheikh Ahmad Ibn ‘Omar Bâzmoul

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Cheikh ‘Obéïd Al Jâbiri, Cheikh Sâlih As Souhaïmi et Cheikh Moulfi Al Sâ’idi (professeur à la faculté de Qoran à l’Université Islamique de Médine)


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Passons à présent à la deuxième erreur de Falah :

At Taqlid

Définition (donnée par cheikh Rabi'): accepter la parole d’un autre sans preuves.

La position de Fâlih concernant le Taqlid :

Elle est une obligation pour l’ensemble des gens, (comme il l’a dit à certaines occasions), ou pour l’ensemble des gens à l’exception des moujtahidines (comme il l’a dit à une autre occasion, et le nombre de ces derniers est minime).
Il dit également que ne pas pratiquer le Taqlid est rejeté par les messages des Messagers et par les raisons saines, plus encore : c’est une destruction des messages des Messagers et des Livres révélés par Allâh.



Réponse de cheikh Rabi' :

« Il faut savoir que ceux à qui Fâlih demande expressément de pratiquer le Taqlid font partie des étudiants qui sont capables de déduire les preuves et que certains d’entre eux sont des enseignants dans les universités et autres. Fâlih oblige les gens à suivre aveuglément les savants, et par savant il parle de lui-même. Donc il faut absolument le suivre lui et ne pas chercher à comprendre !
Allâh a prescrit aux gens de suivre les prophètes, de suivre Mohamad  , de suivre le Coran et la Sounna, ceci dans beaucoup de versets et de hadiths.

Allâh dit :
« Suivez ce qui vous a été descendu venant de votre Seigneur et ne suivez pas d'autres alliés que Lui (s 7, v 3) »

Il dit également :
« Et voilà Mon chemin dans toute sa rectitude, suivez-le donc; et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie (s 6, v 153) ».

Il dit aussi :« Et cramponnez-vous tous ensemble au câble d'Allâh » (s 3, v 103)

Tous ces textes réfutent le Taqlid et l’interdisent.

De plus, Allâh réprimande les mouqalidinnes en disant :


« Et quand on leur dit: "Suivez ce qu'Allâh a fait descendre", ils disent: "Non, mais nous suivrons les coutumes de nos ancêtres." - Quoi! Et si leurs ancêtres n'avaient rien raisonné et s'ils n'avaient pas été dans la bonne direction? » (s2, v 170).

Les imams de la Sounna et de l’Islam ont prouvé par ces versets et d’autres similaires l’interdiction du Taqlid pour quiconque est capable de comprendre les textes du Coran et de la Sounna, qu’il fasse partie des gens capables de faire l’Ijtihad ou qu’il fasse partie des gens qui suivent. Ils ont déclaré que le Taqlid n’est permis que pour celui qui est incapable de saisir la vérité du Coran et de la Sounna et qu’il est pareil à la viande morte : à la base elle est interdite, mais il est permis de la manger uniquement en cas de contrainte. »

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D’autres gens de science appuient la position de cheikh Rabi' :

Cheikh An Najmi

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Cheikh Zayd Al Madkhali

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Cheikh Wassioullâh Mouhamad ‘Abâss, Cheikh Mouhamad Ibn ‘Omar Bâzmoul et Cheikh Ahmad Ibn ‘Omar Bâzmoul

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Cheikh ‘Obéïd Al Jâbiri, Cheikh Sâlih As Souhéïmi et Cheikh Moulfi As Sâ’idi (professeur à la faculté de Qoran à l’Université Islamique de Médine)

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Remarque
Il faut savoir que par ses deux principes Fâlih essaye de semer ses troubles sans être dérangé. Ainsi personne ne peut lui demander la raison de ses jugements erronés et tout le monde est obligé de le suivre sans poser de questions.

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