Sayyid Qutb - Partie 3

Publié le par Kamaal As-Salafii Al-Maghribii

Réponses à des ambiguïtés qu’amènent les défenseurs de Seyyid Qutb


Première ambiguïté


Ils disent : « Sayid Qoutb a certes commis des fautes mais elles n’étaient pas préméditées. La preuve de cela est qu’il a donné son sang et sa plume pour la défense de l’Islam jusqu’à ce qu’il meurt dans cette voie en tant que martyr et qu’il dise sa parole célèbre quand il lui fût demandé de se soumettre au Taghout : certes le doigt qui atteste qu’il n’y a pas d’autre divinité qu’Allâh refuse de se soumettre au Taghout… »


La réponse:


A/ « elles n’étaient pas préméditées » :


Oumar Ibn Al Khattab, qu’Allâh l’agrée, a dit : « certes des gens étaient jugés par la révélation au temps du Messager d’Allâh r et la révélation est maintenant terminé. Maintenant nous ne vous jugeons qu’avec ce qui nous apparaît de vos œuvres. Celui donc qui nous montre du bien il est pour nous digne de confiance et nous le rapprochons de nous. il nous appartient alors pas de savoir ce qu’il cache, Allâh le jugera sur cela.
Et celui qui nous montre du mal, nous ne lui faisons pas confiance et nous ne le croyons pas même s’il dit que son fond est bon» (35)

Donc nous ne jugeons les gens que selon ce qu’ils laissent apparaître et Allâh se charge des intentions.
De plus, es-tu entré dans son coeur afin de connaître ses intentions ? si nous marchions sur cette voie, nous n’aurions réfuté aucun innovateur en prenant cette parole comme argument.


B/ « qu’il a donné son sang et sa plume pour la défense de l’Islam … jusqu’à ce qu’il meurt dans cette voie … »

1 Quel est cet islam que Sayid défend jusqu’à ce qu’il me rende mécréant moi, toi et nos parents, qu’il qualifie de temples antéislamiques nos mosquées, qu’il dénigre les Compagnons du Messager d’Allâh r , etc…

2 le fait que Sayid ait persisté sur sa position « jusqu’à ce qu’il meurt martyr » ne prouve pas qu’il était sur la vérité. En effet il faut absolument réunir deux conditions : Al Ikhlas et Al Moutaba’a.(37)


C/« jusqu’à ce qu’il meurt martyr » :


1 Cheikh Al ‘Outhaymin, qu’Allâh lui accorde Sa miséricorde, fût questionné sur le fait de dire d’une personne en particulier qu’elle est un martyr. Il a répondu :

« Il ne nous est pas permis d’attester que quelqu’un en particulier est un martyr même s’il a été tué en étant victime d’une injustice ou en défendant la vérité. Cela ne nous est pas permis. Contrairement à ce que l’on voit aujourd’hui : les gens permettent cette attestation et c’est ainsi qu’on les voit qualifier de martyr toute personne tuée même si la cause de sa mort est pour une solidarité de l’époque antéislamique. Cela est haram. Car le fait de dire d’une personne tuée « c’est un martyr » c’est un témoignage sur lequel tu seras questionné le Jour de la Résurrection. On te demandera : « as-tu une science qu’il a été tué en martyr ? ».
C’est pour cela que le Prophète r a dit « il n’est pas un seul blessé qui soit blessé dans le chemin d’Allâh, et Allâh est plus savant de qui est blessé dans Son chemin, sans qu’il ne vienne le Jour de la Résurrection avec son sang... » jusqu’à la fin du hadith. Observes donc bien la parole du Messager r : « et Allâh est plus savant de qui est blessé dans Son chemin ». En effet, l’apparence d’un homme peut indiquer qu’il combat pour que la parole d’Allâh soit la plus haute, mais Allâh sait ce qu’il y a dans son cœur, et qu’en réalité cela va à l’encontre de ce qui apparaît de ses actes. Pour cette raison, Al Boukhari a intitulé un chapitre de son livre « As Sahih » en disant [chapitre : on ne dit pas « telle personne est un martyr »]. Ceci car le martyre (38) repose sur ce qui est dans le cœur et nul ne sait le contenu des cœurs à part Allâh azza wa jall. Donc le problème de l’intention est une affaire grave.(39)


Et combien d’hommes accomplissent une seule et même œuvre, et malgré cela il existe entre ces deux hommes la même chose qu’il y a entre le ciel et la terre, tout cela à cause de l’intention. Le Prophète r a dit à ce sujet: « les actions ne valent que par les intentions », et Allâh est plus savant.


D/Quand à la parole de Sayid « certes le doigt qui atteste qu’il n’y a pas d’autre divinité qu’Allâh refuse de se soumettre au Taghout… »

Avez-vous entendu Sayid dire cette parole ? Avez-vous des chaînes de transmissions authentiques affirmant cela ? Tout en sachant que l’on ne sait pas où Sayid a été tué. Il n’y eut qu’une diffusion de l’information de sa mort. De plus, Salah al Khalidi a rapporté cette histoire en utilisant le style du « Tamrid » (40)



Deuxième Ambiguïté


Si nous boycottions tous ceux qui ont commis une faute ainsi que leurs livres il ne nous resterait aucun savant. Plutôt, comportons-nous avec les livres de Sayid comme nous nous comportons avec les livres de Ibn Hajar, An Nawawi dans la ‘Aquida.


La réponse:


Pour répondre à cette ambiguité, voici la réponse des deux savants, cheikh Salih Al Cheikh et cheikh ‘Oubeyd Al Jabiri, qu’Allâh les préserve, quand ils fûrent questionnés au sujet de Hassan Al Banna, Al Ghazali Elle s’applique parfaitement au cas de Sayid Qoutb.

« Que dites vous de gens qui nous disent : vous réprouvez At Tourâbi, At Talmalsâni, Al Ghazâli, Al Qardâwi, vous les qualifiez d’innovateurs, vous médisez d’eux, et vous ne citez pas leurs bons cotés. Alors qu’il existe des imams qui sont tombés dans des innovations comme Ibn Hajar et An Nawawi, vous dites du bien des anciens et vous parlez en mal de ceux qui sont venus après. »


Cheikh ‘Oubeyd Al Jabiri


Fait partie des fondements la réplique au contrevenant même si celui-ci est un imam, un savant, sans tenir compte de ses bonnes actions. On réplique à l’erreur et on montre la vérité. Même si celui qui s’est trompé est un compagnon du Prophète r

Celui qui observe les livres de Jarh a Ta’dil (critique et attestation d'honorabilité) trouvera que les bonnes actions des personnes critiquées ne sont pas citées, ou sinon très rarement. Le meilleur exemple est le récit dans lequel Fâtima Bint Qayss demande conseil au Prophète r et l’informe que Mou’âwia et Abou Jahm, qu’ Allâh les agréé, l’ont demandé en mariage. Le Messager r lui répond : « Quant à Mou’âwia, il est pauvre, quant à Abou Jahm, il ne cesse de frapper ses femmes ». Ces deux hommes ne sont-ils pas des compagnons du Messager d’ Allâh r ? Donc, le but recherché en montrant les erreurs et en montrant la vérité est de conseiller la communauté.

Concernant Ibn Hajar et les fautes qu’il a commises dans ses livres : je ne pense pas que les savants se soient tus sur ce sujet. Dans certaines éditions du livre « Fath Al Bâri », se trouvent des commentaires de cheikh Ibn Bâz et d’autres. Les savants ont montré les erreurs commises par Ibn Hajar ou par d’autres savants, comme An Nawawi.

Par contre, concernant Al Ghazâli, Al Qardâwi et d’autres, la communauté a été éprouvée par ces gens et par conséquent, leurs fautes sont plus lourdes. La situation exige donc que l’on leur réplique par la manière forte.

Quant aux fautes de Ibn Hajar et de An Nawawi dans leurs livres, seul les étudiants s’en aperçoivent. Quant à ceux là, l’élite et la masse des gens en sont éprouvées…


Cheikh Salih Al Cheikh


Premièrement, la comparaison donnée par cette personne est une preuve de son ignorance. Comment peut on comparer Ibn Hajar et An Nawawi à des gens comme At Tourâbi, Al Ghazâli et Al Qardâwi. Aucune comparaison possible. Ceux- là aiment la Sounna et l’expliquent. Leurs fautes d’interprétation sont minimes par rapport à ce qu’ils ont expliqué de l’Islam. Jusqu’à présent les gens de science ne cessent de profiter de leurs paroles ; plus encore, ils ne cessent de comprendre les textes du Coran et de la Sounna à l’aide de leurs explications car ils étaient réellement des gens de science.

Quant à ces contemporains, At Tourâbi, Al Ghazâli, Al Qardâwi, At Talmalsâni et leurs semblables, ce sont des chefs qui ont appelé les gens à ne pas s’accrocher à la Sounna et qui ont appelé à la rejeter. Il y a donc une différence entre celui qui se trompe, qui s’écarte de la vérité, dans un point, ou dans une branche de l’Islam, dans une affaire de croyance ou deux, et entre celui qui va à l’encontre de la base de l’Islam. Ces derniers ne donnent aucune valeur au Tawhid. Les partisans de l’unicité ont subi de leurs parts les plus grands préjudices.


Prenez At Tourâbi : il voit qu’il faut renouveler les fondements de l’Islam et de la Jurisprudence, qu’il faut instaurer de nouveaux fondements de Jurisprudence convenant à notre époque pour comprendre le Coran et la Sounna.


Al Ghazâli rejette la Sounna quand elle va à l’encontre de sa raison et sa compréhension.

Al Qardâwi est sur la même voie.

At Talmalsâni ne connaît pas l’unicité de l’adoration ni la Sounna…


Ceci n’est pas étonnant car tous sortent de l’école des Frères Musulmans. Cette école est connue pour ces fondements et ses méthodologies. Il n’est donc pas étonnant qu’elle forme de telles personnes à l’avenir…


Par conséquent, les réprouver eux et leurs fautes est une obligation car ils égarent les gens au nom du prêche, et les jeunes les magnifient sous prétexte qu’ils sont des prêcheurs de l’Islam.


Quant à Ibn Hajar et An Nawawi, nous n’avons jamais entendu quelqu’un défendre une de leurs fautes touchant à la croyance sous prétexte que Ibn Hajar a dit ou que An Nawawi a dit. Seulement, leurs fautes ont eut lieu à leurs époques et le profit que les gens ont tiré de leurs sciences abondantes et leurs compréhensions éclairées est resté.


Il n’est donc pas permis de comparer ceux-ci avec ceux-là.(41)

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